Les pensées qui m'envahissent 19

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Visite au Musée érotique de Marseille


50 oeuvres inédites sortent de leurs réserves et enrichissent les collections permanentes du Musée d'Archéologie Méditerranéenne pour constituer Le Petit Musée Erotique.

Les réserves du musée recèlent en effet des oeuvres méconnues dont certaines sont d'un grand intérêt. Une série d'objets hétéroclites se référant tous au sexe, s'est ainsi constituée depuis la fin du XIXe siècle. Cependant pratiquement tous ont été subtilisés au regard du public parce qu'ils traitaient d'un thème considéré alors comme indécent : l'érotisme et la sexualité. La lumière est faite pour la première fois exclusivement sur ce sujet.

Quatre grandes civilisations sont représentées : la Mésopotamie, l'Egypte, la Grèce et Rome. Celles-ci nous ont laissé d'innombrables témoignages iconographiques. Tous les supports ont été utilisés : lampes à huile décorées de couples enlacés, reliefs ornés de scènes d'amours mythologiques, statuettes ithyphalliques, peintures sur vases évoquant le libertinage lors des banquets, mais aussi une grande quantité d'objets apotropaïques, telles les amulettes phalliques qui étaient censées éloigner le mauvais oeil et apporter richesse et fertilité.

Toutes ces œuvres sont regroupées dans trois grands thèmes :

"les amours divines",
"la magie du sexe",
"à la lueur d'une lampe : érotisme et vie privée".

Ces objets archéologiques, éclairés par les textes antiques, nous prouvent, s'il le faut encore, que l'intimité des Hommes étaient souvent empreinte de tendresse et de fantaisie, mais peuplée aussi de peur et d'angoisse sur des sujets aussi primordiaux que l'amour, la fécondité, la mort.

A propos du mythe d'Eros

On ne saurait évoquer l'érotisme dans l'Egypte ancienne, la Mésopotamie, la Grèce et la Rome antiques, sans rappeler que ce mot  dérive du nom d'un dieu grec : Eros.

Divers auteurs antiques évoquent la naissance de cette divinité et par extension celle de la sexualité elle-même, mais c'est chez Platon qu'on retient le plus volontiers l'histoire de ce fils de Pénia ("le manque, la pauvreté") et Poros ("l'expédient, la ressource"), ainsi que le récit de la différenciation sexuelle des êtres. 

Entre le récit grec du "manque" qui suscite le "désir" duquel naît l'"action" et la description freudienne de la pulsion sexuelle, il n'y a de fait qu'un pas... 


Platon
Le Banquet,
Traduction et notes de Mario Meunier, Agora Pocket, pp. 106-107

Discours d’Aristophane, 189-191 :

" Jadis, la nature humaine n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui ; elle était bien différente. L’humanité se divisait en premier lieu en trois espèces d’hommes, et non en deux, comme présentement. Avec les sexes mâle et femelle, il en était un troisième qui participait des deux (...) Cette espèce s’appelait alors Androgyne (...). Le corps de chacun des Androgynes était d’apparence arrondie. Ils avaient en cercle le dos et les côtés ; ils possédaient quatre mains, des jambes en nombre égal aux mains, deux visages parfaitement semblables (...) deux organes générateurs, etc. Zeus coupa les Androgynes en deux de la même façon que, pour les faire sécher, on coupe en deux les cornes(...). Cette division étant faite, chaque moitié désirait s’unir à son autre moitié. Lorsqu’elles se rencontraient, elles s’enlaçaient de leurs bras et s’étreignaient si fort que, dans le désir de se refondre, elles se laissaient ainsi mourir de faim et d’inertie, car elles ne voulaient rien l’une sans l’autre entreprendre. (...). Touché de compassion, Zeus imagina un nouvel expédient ; il transporta par-devant leurs organes génitaux. Jusque-là, en effet, les Androgynes les portaient par-derrière et ils ne s’engendraient ni ne s’enfantaient point les uns dans les autres, mais dans la terre, comme les cigales. (...). Depuis ce temps, l’amour mutuel est inné chez les hommes ; il nous ramène à notre primitive nature ; il s’efforce de ne faire qu’un seul être de deux, et de réparer l’infortune de la nature humaine. Chacun de nous est une moitié d’homme qui a été séparée de son tout...".

Diotime , 203 :
"Lorsque Aphrodite naquit, les dieux célébrèrent un banquet où se trouvait avec eux Poros, fils de Métis. Quand ils eurent soupé, Pénia survint solliciter une part à ce festin, et elle se tenait aux alentours des portes. Poros, enivré de nectar, car le vin n’existait pas encore, sortit dans les jardins de Zeus et s’endormit alourdi par l’ivresse. Pénia, poussée par son état de pénurie, projeta d’avoir un enfant de Poros. Elle alla se coucher près de lui et devint grosse d’Eros.
Parce qu’il avait été conçu le jour même de la naissance d’Aphrodite, parce que sa nature est d’aimer le beau et qu’Aphrodite est belle, Eros devint le serviteur et le compagnon de la déesse. Voici, dès lors, en tant que fils de Pénia et de Poros, quel fut son destin. Il est toujours pauvre d’abord, et il s’en faut de beaucoup qu’il soit délicat et joli, comme la plupart le pensent. Il est au contraire rude et malpropre, va-nu-pieds et sans gîte, couchant toujours par terre et sur la dure, dormant en plein air, au seuil des portes ou sur les routes. Bref, il tient de la nature de sa mère de vivre en une éternelle indigence. D’un autre côté, de par le naturel de son père, il est toujours en quête de ce qui est beau et bon ; il est courageux, hardi, persévérant, pourchasseur étonnant, toujours en train de tramer quelque ruse, désireux de savoir et ingénieux pour apprendre, philosophant toute sa vie, merveilleux ensorceleur, magicien et sophiste. Il n’est par lui-même ni mortel ni immortel. Dans le même jour, il fleurit et il vit tant qu’il est dans l’abondance : il meurt lorsqu’il est satisfait ; puis il renaît grâce au naturel qu’il tient de son père. Tout ce qu’il atteint s’évanouit sans cesse, et jamais Eros n’est dans l’indigence ou dans l’opulence."

Kierkegaard

"le Banquet (in vino veristas)", in
Etapes sur le Chemin de la vie,
trad. Prior et Guignot, Gallimard, pp. 66-71
Discours de Johannès le séducteur :

"A l'origine il n'y avait qu'un seul sexe, racontent les Grecs et ce fut celui de l’homme. Magnifiquement doué, l'homme fit honneur aux dieux, il était même si magnifiquement doué qu'il advint aux dieux ce qui arrive parfois à un poète ayant épuisé toute sa force dans sa création poétique, ils devinrent envieux de l’homme. Oui, ce qui fut pire, ils eurent peur de lui, ils craignirent qu'il ne se soumette à leur joug qu'à contrecœur et, bien que sans raison, qu'il réussisse même à faire chanceler le ciel. (...). Il fallait donc l'attraper et le contraindre à l'aide d'une force plus faible que la sienne et, pourtant, plus forte, assez forte pour le contraindre. Ils cherchèrent et méditèrent et ils trouvèrent. Cette force, ce fut la femme, le prodige de la création, prodige plus grand que l'homme aux yeux même des dieux, découverte telle que dans leur naïveté les dieux ne pouvaient cesser de s’en louer eux-mêmes. (...).
A chaque époque il y avait quelques hommes, quelques rares hommes qui s'avisaient de la supercherie. Ils percevaient bien, plus que n'importe qui, la beauté de la femme, mais ils se doutaient de l'explication. (...). Ces érotiques sont des êtres heureux. Leur vie est plus fastueuse que celle des dieux, car jamais ils ne mangent que ce qui est plus précieux qu'ambroisie et ils ne boivent que ce qui est plus délectable que le nectar ; ils se nourrissent des caprices les plus séduisants, des pensées les plus ingénieuses des dieux, jamais ils ne se nourrissent que d'appât ; oh ! volupté sans pareille, oh ! mode de vie bienheureux (...). Il n'y a que l'homme érotique qui sache apprécier l'appât et même à l'infini. La femme s'en doute et c'est pourquoi une entente secrète existe entre elle et lui. (...). Dans le mariage, par contre, les dieux sont vainqueurs. "

Freud
Au-delà du principe de plaisir,
Trad. S. Jankélévitch, Payot

"Ce que la science nous apprend relativement à la naissance de la sexualité représente si peu de chose qu'on peut comparer ce problème à des ténèbres qu'aucune hypothèse n'a encore réussi à percer de son rayon de lumière.
C'est dans un domaine tout à fait différent que nous rencontrons une hypothèse de ce genre, mais elle est d'un caractère tellement fantaisiste, un mythe plutôt qu'une explication scientifique (...). Elle fait notamment dériver un instinct du besoin de rétablissement d'un état antérieur.
Je pense notamment à la théorie que, dans le Banquet, Platon développe par la bouche d'Aristophane (...).
Devons-nous suivre l'invitation du philosophe-poète et oser l'hypothèse d'après laquelle la substance vivante, une et indivisible avant d'avoir reçu le principe de vie, se serait, une fois animée, divisée en une multitude de petites particules qui, depuis, cherchent à se réunir de nouveau, sous la poussée des tendances sexuelles ? (...). Devons-nous supposer, en outre, que ces particules de la substance vivante, ainsi séparées les unes des autres, finissent, dans leur désir de se retrouver par réaliser la pluricellularité, pour finalement localiser ce désir de réunion, poussé au plus haut degré de concentration, dans les cellules germinales ? Je crois que le mieux que nous ayons à faire, c'est de laisser ces questions sans réponse et de nous en tenir là de nos spéculations ".

 

Les amours divines

Les mythologies égyptiennes, proche orientales, grecques ou romaines sont issues le plus souvent d'histoires d'amour où sexe et érotisme sont omniprésents. Dans le panthéon des religions polythéistes, les divinités à l'image de l'homme, souffrent, aiment, haïssent et trahissent. Pas plus que les mortels, les Dieux ne peuvent échapper à l'Amour. Les couples divins : Ishtar-Dumuzi, Isis Osiris, Zeus Héra, issues des mythes primordiaux, possèdent chacun des particularismes propres aux civilisations qui les ont créés. Dans la mythologie grecque, c'est Eros et Aphrodite qui exercent leur pouvoir sur les hommes mais aussi sur les autres divinités. Au Proche Orient, la façon que les dieux avaient de s'aimer se révèle très instructive pour accéder à l'intimité des hommes. Il en est de même pour les égyptiens dont les prêtres ont voulu expliquer l'origine du monde, des dieux et des êtres en définissant la création comme un acte sexuel, le seul connu pour engendrer et perpétuer la vie. Vie éphémère de l'homme, qui pour lutter contre la mort et le néant, façonne des mythes et s'approprie ainsi un peu plus, un monde hostile qu'il redoute.

La magie du sexe

Symbole même de toute vie, le sexe dans toute les civilisations est objet de puissance, de fertilité, de prospérité. C'est parce qu'il engendre l'homme, que celui-ci peut prospérer dans un monde le plus souvent hostile. C'est pour ne jamais perdre cette richesse, cette fécondité, mais aussi la fécondité de tout ce qui constitue l'environnement de l'homme, que le sexe devient un symbole prophylactique dans le monde antique. Les représentations de phallus conservent le symbolisme de la nature primitive et ont des vertus apotropaïques,. Rien de plus normal que ces symboles soient portés en amulette, talisman ou bague. Certaines divinités domestiques comme le dieu égyptien Bés protège entre autre les femmes enceintes. Ishtar-astarté, déesse de la fécondité représentée nue se soutenant les seins, est omniprésente en Mésopotamie et que dire de Priape, divinité domestique, ithyphallique, peint à fresque dans le vestibule des demeures romaines. On offrait aussi aux divinités protectrices, en ex voto des représentations de matrices et d'organes génitaux qui avaient valeur d'invocation à la divinité pour qu'elle guérisse une stérilité ou une impuissance. Le recours à la magie ou aux aphrodisiaques pour les problèmes sexuels était une pratique très courante dans toutes les civilisations antiques et le demeurent encore de nos jours dans beaucoup de pays.
Protéger la fertilité des hommes, mais aussi des animaux, des champs, des cultures étaient une tâche primordiale. Dieux et hommes étaient réunis pour perpétuer l'espèce, but essentiel de toute société, de toute civilisation.

A la lueur d'une lampe : érotisme et vie privée

Les scènes d'amour, homosexuelles ou hétérosexuelles sont une iconographie de prédilection dans l'Antiquité. Côtoyant les scènes guerrières ou mythologiques, les représentations amoureuses entre mortels sont très nombreuses. Certains supports paraissent privilégiés : les fresques, les statuettes, les vases, et surtout à l'époque romaine, les lampes à huile, symboles même de la chaleur et de l'intimité. Mais que représentent ces scènes chez les antiques et qui représentent-elles ? Des couples qui se forment lors d'un banquet, d'un symposium, des couples légitimes ? S'agit-il de représentations de prostituées, d'esclaves au service de leurs maîtres ?

Chaque civilisation possède un code moral concernant la sexualité. Ce qui est considéré comme normal ou envisageable chez les grecs peut être indécent ou interdit chez les romains. Le rôle actif ou passif des partenaires d'un même sexe est uniquement une question d'âge chez les grecs, pour les romains, il n'est pas concevable qu'un patricien adulte soit passif, il se doit d'être actif dans l'acte sexuel alors que l'esclave ne peut que se soumettre. Et que penser des représentations des couples égyptiens au nouvel empire ? La femme paraît avoir un statut bien plus privilégié que la femme grecque et même romaine. Mais cela reflète t-il une réalité tangible ? Il est bien difficile aujourd'hui de répondre à toutes ces interrogations. Seuls certains textes ou poèmes antiques peuvent nous " éclairer ".

Un peu de poésie

Poème égyptien
P.CB, verso C4,6-5,2


C'est au Nouvel Empire, à l'époque dite "ramesside", vers 1290/1070, que l'on voit fleurir un nombre important de petits textes, qui ressemblent fort à des poèmes et que l'on appelle : " les chants d'amour " égyptiens. Tous ces textes, très souvent inscrits sur des " ostraca ", proviennent essentiellement de la région de Thèbes et plus précisément du village des ouvriers royaux de Deir al médina. Les personnes qui les ont écrits étaient forcément des lettrés et nous laisse donc supposer qu'il s'agit d'une élite de la population. Ces poèmes sont souvent accompagnés de petits dessins se rapportant au sujet. Etaient-ils récités ou chantés ? Il est bien difficile aujourd'hui d'émettre des certitudes à ce sujet.

Sept jours, que je n'ai vu la soeur ;
La maladie s'est insinuée en moi.
Mon corps est devenu lourd,
Et j'ai perdu toute conscience
Quand viennent à moi les chefs-médecins,
Je ne puis être calmé de leurs remèdes ;
Les ritualistes, l'issue n'est pas de leurs côtés :
On ne peut discerner ma maladie.
Mais qu'on me dise : le voici ! voilà qui me ferait revivre ;
Qu'on prononce son nom, voilà qui me relèverait.
L'allée et venue de ses messagers,
Voilà qui ferait revivre mon coeur.
La soeur m'est plus bénéfique qu'aucun remède,
Elle m'est plus efficace que la somme médicale
Mon salut : qu'elle entre de l'extérieur ;
Que je l'aperçoive, et je retrouverais la santé.
Qu'elle ouvre les yeux et mon corps rajeunirait,
Qu'elle parle, et je retrouverai la force.
Si je l'enlaçais, elle détournerait le mal de moi,
mais voici sept jours qu'elle m'a quitté !



Homère

Poète "mythique" né vers le IXème siècle av J-C à Chio ? Il est considéré comme le fondateur de la littérature grecque. Ses épopées étaient récitées par des aèdes. L'Iliade et l'Odyssée qui se découpent en chants sont bien sûr les oeuvres les plus célèbres et sans doute les plus lues dans le monde, depuis l'Antiquité.Iliade, Chant XIV
Elle s'en va donc à la chambre que lui a bâtie son fils Héphaestos . Il a aux montants de la porte adapté de solides vantaux, munis d'un verrou à secret : nul autre dieu ne l'ouvre. Aussitôt arrivée, elle ferme les vantaux éclatants. Avec de l'ambroisie elle efface d'abord de son corps désirable toutes les souillures. Elle l'ont ensuite avec une huile grasse, divine et suave, dont le parfum est fait pour elle ; quand elle l'agite dans le palais de Zeus au seuil de bronze, la senteur en emplit la terre comme le ciel. Elle en oint son beau corps, puis peigne ses cheveux de ses propres mains et les tresse en nattes luisantes, qui pendent, belles et divines, du haut de son front éternel. Après quoi, elle vêt une robe divine qu'Athéna a ouvrée et lustrée pour elle, en y ajoutant nombre d'ornements. Avec des attaches d'or, elle l'agrafe sur sa gorge. Elle se ceint d'une ceinture qui se pare de cent franges. Aux lobes percés de ses deux oreilles elle enfonce des boucles, à trois chatons, à l'aspect granuleux, où éclate un charme infini. Sa tête enfin, la toute divine la couvre d'un voile tout beau, tout neuf, blanc comme un soleil. A ses pieds luisants elle attache de belles sandales. Enfin, quand elle a ainsi tout autour de son corps disposé toute sa parure, elle sort de sa chambre.

Ovide

Poète latin (43 av. J-C - 18 ap. J-C). Il est le favori de la société, c'est un poète intellectuel. Il compose des oeuvres d'inspiration érotiques où il chante sa passion imaginaire pour Corinne. L'Art d'aimer est un traité parodique pour la société élégante de Rome.

L'Art d'aimer

Mais voici que, complice, un lit a reçu deux amants : arrête-toi, Muse, à la porte close de leur chambre. Tous seuls, sans ton concours, les mots viendront en foule, et, dans le lit, la main gauche ne restera pas inactive. Les doigts trouveront à s'occuper du côté où mystérieusement l'Amour plonge ses traits. (...) Crois-moi, il ne faut pas hâter le terme de la volupté, mais y arriver insensiblement après des retards qui la diffèrent. Quand tu auras trouvé l'endroit que la femme aime à sentir caressé, la pudeur ne doit pas t'empêcher de le caresser. Tu verras les yeux de ton amie briller d'un éclat tremblant, comme il arrive souvent aux rayons du soleil reflétés par une eau transparente. Puis viendront des plaintes, viendra un tendre murmure et de doux gémissements et des paroles qui conviennent à l'amour. Mais ne va pas, déployant plus de voiles, la laisser en arrière, ou lui permettre de te devancer dans ta marche. Le but, atteignez-le en même temps; c'est le comble de la volupté, lorsque, vaincus tous deux, femme et homme demeurent étendus sans force.

 

 

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